À retenir
- Le CGNC régit les comptes sociaux, base de la fiscalité marocaine.
- Les IFRS s'imposent aux comptes consolidés des établissements de crédit.
- Les divergences majeures : juste valeur, substance économique, retraitements.
Deux référentiels, deux fonctions
Le CGNC est le référentiel obligatoire des comptes sociaux au Maroc : c'est sur lui que repose le résultat fiscal. Les normes IFRS, elles, servent l'information financière consolidée des groupes : au Maroc, les établissements de crédit établissent leurs comptes consolidés en IFRS depuis 2008, et les sociétés faisant appel public à l'épargne publient des comptes consolidés selon les référentiels admis par le régulateur.
Les grandes divergences
- Coût historique (CGNC) contre recours étendu à la juste valeur (IFRS)
- Primauté de la substance économique sur la forme juridique en IFRS — illustrée par les contrats de location, portés au bilan (IFRS 16) alors qu'ils restent hors bilan en CGNC
- Amortissements dérogatoires et provisions réglementées propres au référentiel marocain, sans équivalent IFRS
- Approche par composants des immobilisations en IFRS
- Actualisation des provisions à long terme en IFRS
Ce que cela change en pratique
Pour une filiale marocaine de groupe étranger, la réalité est une double production : des comptes sociaux CGNC pour les obligations locales et fiscales, et une liasse de reporting IFRS (ou aux normes du groupe) pour la consolidation. Les retraitements sont récurrents et doivent être industrialisés : table de passage documentée, calendrier de double clôture, contrôles de cohérence.
Bien organisée, cette double production devient une routine maîtrisée ; improvisée, elle est une source d'écarts et de tensions à chaque clôture. Nos équipes préparent les liasses IFRS en parallèle des comptes sociaux, dans les outils et le calendrier du groupe.
Cet article fournit une information générale fondée sur la réglementation marocaine à sa date de publication. Il ne constitue pas un conseil personnalisé — taux, seuils et règles évoluent à chaque loi de finances. Contactez le cabinet pour examiner votre situation.